La Fêlure

Dans ces regards anxieux
Où l’on croise la nuit
Sur ces grands fronts plissés
De pensées assombries
Dans ces corps disloqués
Sans armes et sans armure
On sent le vent glacé
Qui érode et torture

Chez les artistes on aime
Les blessures
Ça rend sûrement les siennes
Un peu moins dures
Ça ouvre des persiennes
Entre les murs
Chez les artistes on aime
La fêlure

Dans ces gestes insouciants
Aux allures malhabiles
Où transparaît l’enfant
Perdu dans la grand’ ville
Dans ces mots susurrés
Parfois à peine audibles
Il y a tant de vérité
Que tout devient possible

C’est un artiste on aime
Ses blessures
Ça rend surement les siennes
Un peu moins dures
Elles mettent dans nos veines
Une ouverture
Chez les artistes on aime
La fêlure

  Oui mais où va tout ce sang
  Qui coule à perte de voix
  Faut-il avaler tout ça
  Qu’à peine ce que l’on entend
  Qu’à peine ce que l’on voit
  Si l’on en regarde le fond
  Est-ce bien là une raison
  Pour que l’on adhère à tout va

  Ne vaudrait-il pas mieux
  Encenser l’orgueilleux
  Celui qui fait bonne figure
  Qui ne parle que du futur
  Sans ratures
  Sans bavures

Chez les artistes on aime
Les blessures
Ça rend sûrement les siennes
Un peu moins dures
Ça ouvre des persiennes
Entre les murs
Chez les artistes on aime
La fêlure

 

© 2013 Jean-Marc Lagniel 
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